Itoiz

Auteur: Itoiz
Année: 1980
Pays: Espagne
Rating: 4.43/5 (7 votes)
4.5 Who rated what?
Audio list — 3 audio files from one album
Le pays basque, c'est une petite communauté joyeuse à cheval entre la France et l'Espagne, qui au mieux fait rigoler tous ses voisins, et qui s'est imposé sa petite langue hermétique à toute compréhension. Quelqu'un a un dico ? Je cherche à traduire "zuzendaritzapean". Bon, ça va bien deux minutes, quoi. Alors rendons ses lettres de noblesse au pays basque, où le climat est quand même bien plus agréable que les rues parisiennes.

Le rock progressif aussi est une petite communauté joyeuse, à cheval entre plusieurs genres musicaux, et personne ne nous comprend non plus quand on parle en kobaïen ou en jonandersonien. Alors forcément, un groupe de folk-rock basque, ça doit poutrer sévère, non ? Ah ben oui, là, direct, tout de suite, oui oui oui. Ecoutez Haizea par exemple, c'est très très bien Haizea. Et puis surtout Itoiz. Oh, mais quel incroyable hasard, justement j'allais vous parler d'eux !

Né en 1978, le groupe a sorti quelques excellents albums progressifs avant de se ranger dans des contrées plus connues mais tout aussi respectables. Reste que le meilleur point d'entrée à l'univers d'Itoiz est le très mélodieux Ezekiel, album-concept sorti en 1980 : un pur joyau où rien, absolument rien n'est à jeter. Et surtout pas le déchirant Ezekielen esnatzea II qui redonne ses lettres de noblesse à l'orgue de Hammond, ni le très aérien Ezekielien erantzuna qui, après un prologue chanté par une fillette, fait la part belle au saxo. Mais pourtant, tout cela n'est encore rien face au choc ressenti à l'écoute de la déesse chantant Ezekielen (oui, encore) ikasgaia.

Si je devais résumer l'album en quatre mots, ce serait : Goran Bregovic goes progressive. Longtemps avant cet autre grand artiste (qui dans les années 70, avant de travailler pour Emir Kusturica, faisait d'ailleurs du... rock progressif dans le groupe Bijelo Dugme, superstar en Yougoslavie), Itoiz a réussi à tirer la substantifique moëlle d'une musique profondément ancrée dans l'imaginaire collectif de l'Europe du sud.

Oh là là, qu'est-ce que j'écris bien des fois. Heureusement que je suis là pour me le dire parce que ça ne risque pas d'arriver dans les commentaires. Vous savez que vous pouvez commenter les artistes, hein ? Et même leur donner des notes. C'est trop fort, la nouvelle technologie, les souris les internettes, tout ça.

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Asia Minor

Auteur: Asia Minor
Année: 1981, 1979
Pays: France
Rating: 5.00/5 (4 votes)
5 Who rated what?
Audio list — 2 audio files from one album
En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées. Enfin, c'est aussi les étrangers qui nous les apportent, souvent. Non, je ne vais pas vous parler de N. S. de Nagy-Bocsa, dont l'invention majeure restera celle du marketing lavable à l'identité nationale (fife le pays tes troits te l'homme !), mais de rock progressif. Petits étourdis, on est sur Foxprog, ici, on ne parle pas de politique !

Taï Phong, groupe majeur de la pop prog et du space rock ? Fondé par deux frères vietnamiens. Gong, autre étoile du space rock mais aussi de la Canterbury scene ? Créé en France par un Australien. Composé à moitié d'Anglais et de Français avant d'être repris par un Français. Et parmi les petits groupes inconnus, le multiculturalisme fait aussi des siennes. Le sujet du jour est donc Asia Minor, dont la musique progressive est aussi pure que celle d'un Camel des années 70. Et comme en France, on n'a pas de pétrole, mais on a aussi des flemmards, je vais vous copier-coller direct, comme ça, paf, d'un coup d'un seul, la présentation très complète rédigée par le label Musea à propos des deux albums du groupe.

ASIA MINOR est une formation française de rock Progressif, dirigée par deux étudiants turcs installés à Paris: Setrak BAKIREL (Chant, basse & guitare) et Eril TEKELI (Flûte, basse & guitare). Leur musique évolue entre celle de KING CRIMSON époque "In The Court Of The Crimson King", de JETHRO TULL époque "Stand Up", de FOCUS ou encore des premiers albums de JADE WARRIOR. Cet excellent rock progressif est fortement imprégné de rythmes et de climats hérités de la musique traditionnelle d'Asie Mineure, l'actuelle Turquie.

Tout comme "Crossing The Line" (1979), "Between Flesh And Divine" (1981) est généralement considéré par les spécialistes comme l'une des meilleures réussites internationales du genre. De sublimes thèmes percutants et originaux se mêlent intimement aux arrangements recherchés sur lesquels s'élève un chant nostalgique et grave. Les envolées limpides, fluides et nerveuses de la flûte ponctuent les notes de la guitare déchirée ou lyrique du premier nommé. Une musique aux échos sombres, souvent mélancolique, parfois rageuse. Majoritairement écrits en Anglais, les textes se permettent quelques escapades bienvenues dans la langue maternelle des deux leaders. A redécouvrir absolument !


Ils ont oublié de préciser que leurs albums sont sortis, encore une fois, après la bataille (et donc à une époque où le prog ne se vendait plus), et qu'on a donc déjà bien de la chance qu'il y en ait eu un second, qui plus est encore plus beau et cohérent que le premier. Reste enfin à ajouter qu'en 1991, le seul membre historique du groupe encore en activité tentait de mettre en place un troisième album. Pas de chance, la réédition CD date de cette époque, donc le livret ne dit pas ce qu'il en est advenu.

Vive la France, vive la Turquie libre, et vive le copier-coller ! Maintenant, j'ai plus qu'à retrouver mon drapeau...

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Comus

Auteur: Comus
Année: 1971
Pays: Royaume-Uni
Rating: 4.00/5 (2 votes)
4 Who rated what?
Audio list — 4 audio files from one album
Il est de notoriété publique que le paysan, quand il rentre fourbu d'une journée à dresser ses vaches et traire ses chevaux, aime à se reposer en écoutant Marcel et Dédé, son orchestre symphonique personnel, lui jouer un peu de musique folklorique locale. La technologie aidant, on a commencé à mettre Marcel et Dédé sur un microsillon, et même d'autres artistes folk, des fois. Ceux de Comus viennent, comme la jaquette de leur premier album l'indique, de la planète Zwyx, où ils jouent de leur folklore local aux lapins bleus fourbus d'une journée à traire leurs humaines. Ce qui jusqu'ici n'a rien d'exceptionnel. Par contre, comment le disque est-il arrivé de Zwyx à la Terre, je n'en sais rien mais je m'en réjouis.

Voilà donc du folk pastoral comme on l'aime, mais définitivement sous acide. Sulfurique. Un chanteur maniaque, une interprète qui se fait chatouiller la plante des pieds (je ne vois pas d'autre explication), un violeur (ça s'appelle comme ça, quelqu'un qui joue de la viole ?) qui carbure au speed (c'est de famille), on navigue définitivement dans le grand n'importe quoi totalement écoutable, et même obligatoirement recommandable. Le deuxième album de Comus ne retrouvant toutefois pas le charme du premier, je suis porté à croire que le groupe avait consommé tout son stock et qu'ils avaient repris leurs esprits. Pour le plus grand malheur du lapin bleu susmentionné. Et le nôtre par la même occasion.

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Zomby Woof

Auteur: Zomby Woof
Année: 1977
Pays: Allemagne
Rating: 4.50/5 (4 votes)
4.5 Who rated what?
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Zomby Woof, le nom n'est curieux que parce qu'il est tiré d'une chanson de Frank Zappa (ceci explique cela). La musique, elle, n'est curieuse que parce qu'il est tout bonnement scandaleux que ce groupe qui n'est ni tout à fait krautrock ni tout à fait rock progressif reste à ce jour totalement inconnu. Le label Garden of Delights qui a réédité l'album en CD m'a même confié ne pas avoir assez d'arguments pour éditer le deuxième album (mi-pop mi-prog), jamais sorti en 33T celui-là. Argh.

Alors voilà, il s'agit de ce genre de CD qu'on achète un peu sur un coup de tête, après en avoir lu une critique très positive, un peu comme celle que je suis en train d'écrire... L'album est remarquable de qualité sur la longueur, et bien qu'il soit dominé par l'extraordinaire "Mary Walking Through The Woods", on trouvera beaucoup de plaisir dans tous les autres morceaux, parfois de styles très différents.

ZW fait partie de ces trop nombreuses formations qui n'auront donc pas dépassé le cap du premier album, en grande partie à cause de l'époque, qui n'était pas propice aux nouveautés prog. Ils n'ont pas passé le premier tour, mais je compte sur vous pour les plébisciter aux législatives !!

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Agamemnon

Auteur: Agamemnon
Année: 1981
Pays: Suisse
Rating: 4.00/5 (3 votes)
4 Who rated what?
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Bigre, la seule information qu'on puisse trouver sur ce groupe, c'est son line-up : Urs Ritter (batterie), Erich Kuster (voix, guitare, orgue), Walter Rothmund (basse, claviers) et Werner Kuster (piano, claviers, guitare, flûte). Dans les milieux autorisés, on s'autorise à penser qu'il pourrait y avoir un lien de famille entre Erich et Werner. En dehors de cela, le fait qu'ils aient tous des noms rigolos indique que la probabilité qu'ils aient habité Zurich est plus importante que celle qu'ils aient vécu à Ouagadougou ou à Genève.

Le neo-prog s'est fait connaître en 1982 (Twelfth Night, Marillion), 1983 (IQ) et 1984 (Pendragon), on pourra donc conclure avec sérénité qu'Agamemnon était l'un des pionniers dans le domaine de la tentative de réhabilitation d'un rock progressif mort, enterré et oublié depuis des années en ce début des 80's. Ce qui prouve le courage d'Agamemnon. A moins que, comme leurs géniaux compatriotes de Yello, ils fussent pétés de tune à la base et ne fissent de la musique que pour le plaisir. C'est français, ce que j'écris ? Bah, au pire, j'aurai qu'à dire que je parlais en suisse.

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Carol of Harvest

Auteur: Carol of Harvest
Année: 1978
Pays: Allemagne
Rating: 4.60/5 (5 votes)
4.5 Who rated what?
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Nouvel épisode de la série "les illustres inconnus qui n'ont sorti qu'un seul album à la fin des années 70 avant de se faire bouffer par le punk et redécouvrir par les progheads 20 ans plus tard", cette fois-ci je vous présente Carol of Harvest, un groupe de folk progressif qui poutre grave. Enfin, folk progressif... J'ai commencé à écouter COH en même temps que Susan Christie (le top de l'acid folk), et j'avais tendance à confondre les deux... En fait, comme le premier morceau s'appelait Put On Your Nightcap (mets ton bonnet de nuit), je croyais que c'était du folk-pour-s'endormir, moi, un peu comme Princesse Arête (qui est aussi très bien dans la catégorie "folk pour conduire en voiture dans les gorges du Verdon"). Il faut croire que je me suis toujours endormi avant le passage très heavy-metal du morceau susmentionné, parce que j'ai vraiment longtemps cru que c'était de la folk.

Et juste pour emmerder son monde, COH a aussi joué sur une présence accrue de synthés qui commenceront surtout à se faire entendre à la même époque avec Eloy, puis dans les années 80 avec les débuts du neo-prog... (dont on dit justement qu'Eloy est l'un des inspirateurs...) Alors, COH, inspirateur du neo-prog, lui aussi ? Malheureusement, comme ils étaient inconnus à l'époque, la question ne se pose pas.

Alors voilà, en fait c'est pas de la folk, c'est du heavy neo-folk, c'est gratuit, c'est le mot que j'ai inventé pour eux, comme ça, la prochaine fois que j'entendrai de la grosse guitare dans un morceau de folk avec du synthé façon soundchip, je dirai à mes amis "ouais, en fait c'est du heavy neo-folk, ouais tu sais, quoi, grosse influence de COH, évidemment, tout le monde le sait", avec un petit air détaché du plus bel effet qui fera de moi la coqueluche de ces dames. Malheureusement, il n'y aura pas de dame à moins d'un kilomètre, et uniquement des gros geeks tout collants de sueur. Parfois, la vie est mal faite.

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SBB

Auteur: SBB
Année: 1980
Pays: Pologne
Rating: 4.00/5 (2 votes)
4 Who rated what?
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SBB, ça signifie Szukaj Burz Buduj, c'est-à-dire "Gratte-moi le dos" en polonais. Ah, on me souffle dans l'oreillette qu'en fait non, mais plutôt "Search-Break-Build up", et il faut reconnaître que c'est la classe de traduire ça en anglais avec le même acronyme, donc comme j'aime bien me la jouer, je la refais en français : Sonde-Brise-Bâtis. Je suis trop fort. Mais pas autant que SBB, ces salauds de communistes hippies, toujours en activité maintenant que la Pologne est devenue un pays de sales capitalistes bourgeois, et dont les albums les plus raffinés (mais communistes, et donc potentiellement porteurs de la lèpre, rappelons-le) sont sortis à la fin des années 70 et au début des années 80.

Là où je suis bien embêté, c'est pour définir leur musique, parce qu'elle est très changeante, mais on va dire sans trop se risquer qu'elle tourne autour du jazz-rock. Ouf, je m'en suis pas mal tiré, là, j'le sens. Allez hop, vite que j'aille m'écrire une autre bio, le talent ne souffre pas l'attente. Oh pinaise, ça aussi c'est bon, je le note. Eh, oh ! Arrêtez de lire ! C'est mon texte ! Je le garde pour moi ! Tiens, voilà, je mets tous les copyrights tout de suite, à coups de ©, et de ™, et pis aussi de ®.

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Artcane

Auteur: Artcane
Année: 1977
Pays: France
Rating: 2.50/5 (2 votes)
2.5 Who rated what?
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Hoplà, je viens d'écrire une bio sur Mr. Brown, je vais me répéter pour Artcane, seul le pays d'origine change : groupe de rock progressif... sort son premier album (Odyssée, 1977) à l'avènement du punk... bide... mort du groupe... redécouvert bien plus tard... pas indispensable mais carrément bien... C'est bon ?

Artcane a pour moi un son space rock assez distinctif de la variante française du genre (voir aussi Taï Phong qui versait parfois dans le space à l'époque), mais les vieux puceaux en blouse blanche spécialistes du prog ont déterminé qu'ils étaient surtout influencés par le King Crimson du milieu des années 70, à qui ils ont pompé plusieurs coda-riff-machin-chouette-trop-technique-pour-moi.

On leur trouve parfois une influence de King Crimson, mais j'aurais plutôt tendance à les classer dans le space rock. Ca dépend des morceaux, quoi.

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